« On m’a dit que »
« On raconte que »
« On a entendu des échos selon lesquels »
« On aurait appris »
« On a entendu »
« On m’a fait »
J’aimerais tant que pour une fois, ce On se désigne comme une personne à part entière plutôt qu’un sombre troupeau né d’un fait que personne n’ose se faire le père.
La plupart du temps, On se propose de mettre le feu aux poudres, d’allumer la petite mèche, d’attiser le foyer naissant d’une rumeur souvent sordide et nuisible.
Plus particulièrement sur Internet, où On se fait un plaisir de s’habiller du supposé anonymat que les habitudes prises sont toujours ancrées dans nos façons d’utiliser ce que nous lisons ou disons sur un site, un blog, un forum.
On tape alors plus fort, pousse toujours plus loin et élève toujours plus haut ce qui n’est au départ qu’un murmure, qu’une interrogation ou une sipmle pensée qui traverse quelques esprits.
On a désormais un allié de taille, pour effectuer son travail de sape:
Les réseaux sociaux.
Là où On est toujours notre ami, notre follower.
Ainsi, On nous pénètre et se propose de nous couvrir de toute culpabilité ou paternité d’une rumeur qui fera soit notre gloire, soit notre déchéance, après infirmation ou confirmation de l’information.
C’est ainsi que On a annoncé la mort de Jean Dujardin, tout comme le décès de Ben Ali, pour ne citer que les plus récents exemples.
C’est ainsi que On a tout de même un minimum de réserve et de dignité lorsqu’il s’accompagne de son bouclier conditionnel.
Mais On s’en fout que ce soit vrai ou faux, On n’existe pas, surtout sur Internet, pense-t-On. Mais au moins, On l’aura dit.
Mais il ne faut pas oublier que dès le départ, On fait partie de nous, que parmi nous se trouve On.
Ce soir, je me rappelle que lorsqu’enfant, je me prenais pour On, ma grand-mère me répondait à la volée:
« ON EST UN CON. »
Ce soir, plus que jamais, je souhaite qu’On aille se faire foutre et meure à son tour.
JE me ferai alors un plaisir de vous l’annoncer.






