On a dans la langue française des expressions dont on ne saurait expliquer le sens, mais qui nous sauvent la vie.
De celles qu’on sort comme un Kinder Bueno tombe tout cuit du distributeur dans la gare.
POUF et hop, on apaise sa faim, ce petit creux, ce malaise vagal.
« Oh mais qu’est-ce que tu te prends la tête? » signifie souvent qu’on souhaite dire à notre interlocuteur qu’on en a en fait ras-le-bonnet de ce qu’il est en train de nous raconter depuis des mois.
« Tu m’étonnes! » montre la compassion totalement hypocrite, voire l’excuse à peine feinte de n’avoir absolument pas écouté ce que l’autre nous a dit.
« Tu vas bien? » suscite l’espoir que oui, ça va plus vite que d’entendre « non » et la litanie des sept plaies d’Egypte qui s’abattent sur un seul homme, celui qui est en train de vous confier sa misère.
Und so weiter.
Mais il y en a une qui a le don de me mettre dans un état proche de Nelly Oleson quand elle peut pas faire chier Laura, c’est:
« Oh mais t’es trop susceptible. »
Comment peut-on être TROP d’un défaut?
C’est déjà pas juste suffisant?


