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Parce qu'être geek, ça se travaille 

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Le premier jour où… j’ai rendu mon tablier

Un premier job, c’est un peu comme un premier amour.

On ne l’oublie jamais vraiment, que ce soit pour les bonnes ou les mauvaises raisons.

Celui-ci, je m’en rappelle pour les deux.

Voilà 6 mois que je suis embauchée en qualité d’équipière polyvalente, en CDI, au sein d’un restaurant de type rapide avec un clown sur un banc qui sourit tout le temps et des mômes qui vomissent sur les chaussures des hôtesses le mercredi.

Le Conjugué vient de démissionner pour travailler plus et gagner plus, je suis donc seule dans cette équipe qui continue de rêver d’être l’employé du mois, de devenir chef d’équipe ou encore d’achever le manager dans la compacteuse à cartons pour prendre sa place.

Je suis enceinte depuis presque 4 mois, je viens de me marier et ces deux nouvelles ne réjouissent pas le patron, qui semble ne désirer qu’une seule chose: ma démission.

Payer des congés maternité, aménager des horaires et me confier des postes qui ne sont pas risqués pour mener ma grossesse à terme ne sont pas vraiment ses missions favorites.

Je sens bien qu’il me cherche le poil sur l’oeuf.

Ma tenue n’est pas assez bien repassée.

Ma casquette n’est pas droite.

Mon badge n’est pas du bon côté de la chemise.

Je ne souris pas à chaque encaissement.

Je ne tiens pas le balai de la bonne manière.

Et tout un tas de petites remarques qui s’empilent les unes sur les autres, sans ordre apparent, les plus lourdes n’étant pas forcément à la base de l’édifice du pot de moutarde qui commençait à pousser au fond de mon nez.

Le jour où, comme on dit chez nous, ça m’a vraiment coufflé, j’étais en caisse.

Je faisais remarquer au manager que le turn-over des sauces pour les beignets de poulet n’était pas respecté (comprendre que les DLC les plus récentes étaient devant et les plus « vieilles » sans être dépassées étaient derrière sur l’étagère).

Je me suis fait répondre en direct live par le patron qui m’a gentiment demandé de ne pas penser, mais plutôt d’agir, le tout avec un large sourire, compte tenu qu’environs une centaine de paires d’yeux et d’oreilles étaient tout à notre petite conversation fraîche, mais cordiale.

J’ai encaissé le client en cours, sans sourire, puis j’ai retiré ma casquette, défait mon chignon, retiré mon badge et ai demandé au manager quand était ma prochaine pause.

« C’est maintenant.

- Ebé ça tombe bien, tu as un papier et un stylo? »

En 8 minutes, j’ai rédigé et présenté ma lettre de démission au patron, lequel l’a acceptée avec soulagement.

Je me souviendrai toujours de son sourire satisfait d’avoir remporté la bataille.

Je me souviendrai toujours de ma satisfaction de l’avoir planté en plein shift.

Personne au final n’a rien gagné dans cette histoire, si ce n’est la gloire éphémère de s’être cru au même moment, vainqueur.

 

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  comments 

Si tu as Facebook, cause dedans:

  1. Emme (1 comments)

    Je l’ai fait une fois, un job d’été en restauration, ça a été plus fort que moi, le couteau dans l’eau de la plonge, je n’ai pas apprécié, et les éléments du gril brulant sans me prévenir non plus.
    Je suis partie en plein service, il y avait 80 personnes attablées, j’en ris encore.

  2. Joufflette (77 comments)

    Hmmmff j’ai un seuil de tolérance tellement élevé (trop même), je ne serais pas partie et j’aurais déprimé je pense :o /
    C’est du courage que tu as eu ce jour-là !

    • Zette (2071 comments)

      J’aurais aimé avoir plus de maturité (j’ai pas dit rides, t’as vu?) et je pense j’aurais peut-être été un peu plus teigneuse.
      Enfin bon, je dis ça, je n’ai jamais trop été chiante comme employée.

  3. Calpurnia (104 comments)

    Moi je suis vraiment du genre chieuse à mort, quitte à y laisser mon si peu et à ne plus dormir, mais ils se sont toujours entendu dire (2)
    Vous voulez ma démission mais vous ne l’aurez JAMAIS !
    Devant la clientèle j’aurais adoré, mais c’était trop privé (un avocat, et Truchon).
    Généralement c’est après la grande déclaration d’amour que s’est profilé une TRANSACTION honorable…
    Mais bon, quand on est jeune, on fait ce qu’on peut. Moi pour les deux j’avais dépassé les 40 ans…
    Signé :
    La vieille… (trop d’expérience tue la drôlerie de la chose)

    • Zette (2071 comments)

      Je suis assez mauvaise négociatrice, donc je pense que je n’aurais jamais rien obtenu d’honorable ou équitable…
      (tu vas arrêter un jour de signer La vieille?, genre La zentille, La zolie, y en a des tas de signatures)

  4. Libanoush (1 comments)

    Moi il m’est arrivé la même chose mais pas pour grossesse mais parce que j’ai baissé mon contrat et sa les arrangé pas!
    Tout mon travaillé d’hôtesse était mal fait pour eux pourtant on était 5 hôtesses mais sa tombé toujours sur moi!
    J’ai pas démissionné de suite, d’avoir je l’ai ai planté un beau dimanche où j’étais censé faire l’open et ou l’après-midi j’avais 2 anniversaires ensuite j’ai plus donné de nouvelles pendent 1mois et j’ai donné ma démission quand j’ai appris que deux autres hôtesses sont parti aussi .
    Mais je doit avouez que l’ambiance de travail me manque

    • Zette (2071 comments)

      Oula, ça a dû être dur!
      Oui, forcément, l’ambiance est toujours bonne, parce qu’en général, on est solidaire, et c’est vrai aussi que je n’ai pas retrouvé ça ailleurs!

  5. unehistoire (179 comments)

    Eh oui chez MacDonald faut savoir se faire Daisy raie et faire fifi des remarques pour servir les loulous sans faire de rie rie fifi !

  6. MHF (122 comments)

    Il y a peut être d’autres façons de se rebeller contre un patron mais rien n’est simple et tu as su rebondir ensuite…

  7. Cathy (273 comments)

    Teigneuse comme je suis, moi je n’ai pas voulu démissionner, je suis allée jusqu’au bout, jusqu’à ce que je m’écroule pour de bon. C’est parfois très con d’être rebelle.
    T’as bien fait de plier les gaules !

  8. Lolobobo (10 comments)

    C’est vrai que c’est toujours un grand moment que de dire adieu a son boss. Générale ment suivi d’un grand stress pour l’apres… Bobyet

  9. Lilith (47 comments)

    J’aurais tellement aimé faire de même… Et à maintes reprises!
    J’admire ta force de caractère!
    Girl POOWEEEEER ! \o/

  10. papiluc (23 comments)

    Vrai que c’est une rébellion. Bravo, tu l’a mouché ce triste clown !