Hier soir, vers ce matin, avant de rabattre le capot de mon ordinateur et couper le cordon virtuel qui le relie à vous, ce dernier m’y rappelle en m’indiquant par fenêtre interposée que j’avais reçu un mail.

A ma grande surprise, il provenait d’un contact que je pensais définitivement revenu à sa vie de chair et de sang.

Toute excitée à l’idée que ce derniersouhaitât prendre de mes nouvelles ou me donner des siennes, je m’empresse de retarder mon rituel du coucher et ouvre sa missive.

Celle-ci m’invitait en fait à réaliser un test qui me dirait tout sur ce que je sais déjà: ma personnalité.

Soudain, mon cul se place entre deux chaises:

  • elle a beaucoup d’humour, je vais donc me payer une bonne tranche et m’exécuter
  • c’est un spam et elle n’y est pour rien, elle ne sait même pas qu’elle m’envoie des mails, je zappe, pipi, et au lit

Or, j’avais encore envie de rire, c’est toujours bon de s’endormir sur une note positive.

Et j’ai donc plongé en saut carpé dans ce que j’ignorais être un gigantesque piège à cons.

Ce test m’aura au moins appris une chose :  je suis bien naïve.

Me rendant compte de mon erreur grossière, me traitant de sombre bleusaille des années 90, époque à laquelle  le seul fait de recevoir un mail par mois me mettait en transe, je me hâte de supprimer toute trace de mon passage sur ce site, et de m’en désinscrire, car il faut préciser que le piège est si tordu et bien tendu qu’on ignore qu’à chaque case que l’on coche, on rentre dans le rang des adeptes de ce qui n’est en fait qu’un site de rencontres nauséabond.

Je me raconte rapidement une blague Carambar et je vais me coucher.

Ce matin, relativement fraîche et dispose, je souffle sur la mousse de mon café en ouvrant mon courrier. -quand on y pense, les mails, c’est chouette, on peut faire tout ce qu’on veut pendant qu’on les lit.-

Et je réalise à ce moment précis que malgré moi, je devenais le prédateur qui la veille avait été une proie facile.

Non seulement je continue de recevoir de la part de la quasi-totalité de mon carnet d’adresse, une invitation à réaliser ce test qui sent le derrière à des bornes, mais encore, cette quasi-totalité m’écrit en personne, me signifiant qu’elle se demande pourquoi je l’ai invitée à entrer dans la danse ou si c’est réellement du sérieux, cette affaire de IQ Elite.

Voilà comment en l’espace de quelques heures, je passe du statut de victime à celui de bourreau.

Et dans les deux cas, bien malgré moi.

Je plaide cependant non-coupable, il est bien évident que celles et ceux qui me connaissent vous le diront, nuire à autrui n’est pas ma priorité lorsque je pose le pied sur le carrelage glacial le matin.

Je présente bien entendu toutes mes excuses à celles et ceux que j’ai pu offenser.

Je pardonne à celles et ceux qui m’ont maudite d’un vocabulaire luxuriant.

J’engage les autres à balancer cette ignominie là où elle aurait directement dû  aller à l’origine : le dossier SPAMS.

Et je vous souhaite bien entendu un bon dimanche.