La musique.
Je suis née avec, avoir grandi avec, avoir appris avec, m’être endormie avec, et continuer de vivre avec elle.
Je n’imagine pas passer une journée sans écouter ou du moins entendre de la musique.
Qu’elle sorte des hauts-parleurs de mon ordinateur.
Qu’elle fasse vibrer les membranes de ceux de la voiture.
Qu’elle s’échappe à travers l’écran de la télé.
Qu’elle fasse s’allumer mon téléphone ou encore grésiller mon réveil, quand ce n’est pas bien sûr qu’elle m’accompagne dans le casque, à la radio.
Elle est toujours avec moi, y compris dans ma tête, quand parfois le même refrain habite ma petite tête des jours durant.
Je me souviens vaguement des 33 tours d’histoires musicales que maman nous passait sur la chaîne-hi-fi du salon, les 45 tours qu’on avait le droit d’écouter dans le mange-disque orange dans la chambre ou des premières cassettes audio qu’on passait dans la voiture.
Avance, retour rapide, pause, enregistrement, rembobine avec le stylo coincé dans les ronds dentés ou déroule la bande à l’occasion d’une grosse dispute, la cassette a été un très bel objet.
J’en ai eu des centaines.
Des transparentes, colorées, 30 minutes, 90, même 120, et bien sûr, des originales.
Mais il en est une qui a marqué ma vie et mon cœur plus que toutes les autres.
C’était l’époque de mon premier vrai fiancé.
J’étais en 4ème.
Il avait commencé un jour, en étude, par me filer une copie de l’album d’Indochine, 3ème Sexe. Je l’ai écoutée jusqu’à l’user, notamment Salômbo.
Puis un jour, j’étais invitée chez lui.
Oui, à cette époque, les parents nous laissaient seuls, un garçon et une fille, dans la chambre du garçon.
Nous avons donc passé notre après-midi à fouiller dans son tiroir, puis celui de son grand-frère, jusqu’à la discothèque sous clés de ses parents, histoire de voir si nous étions parfaitement compatibles, musicalement parlant.
U2, Indochine, Jean-Jacques Goldman, The pink floyd, Sardou, Bowie, Genesis, et… George Michael.
Il avait dans ses mains l’objet que je convoitais depuis des semaines, au Mammouth.
Je cachais discrètement le boitier au fond du chariot de maman, et quand elle arrivait à la caisse, elle me regardait en soupirant, levait les yeux au ciel et pointait du doigt le rayon musique, m’intimant silencieusement l’ordre de bien vouloir aller replacer cette cassette à 89 francs à l’endroit où je l’avais trouvée.
Rien à faire. Elle refusait de mettre un tel prix dans un tel objet, que je l’écoutais bien assez à la télé, à la radio ou dans la voiture et que dans 15 jours, on en entendrait plus parler, qu’on verrait à Noël.
Pourtant, il me la fallait absolument.
Mais je n’osais pas en demander une copie à mon amoureux de l’époque.
Pourtant, ce mercredi-là, je lui ai assuré que le soir-même, ma mère me l’achèterait. Et que du coup, il m’avait fait promettre que tous les soirs, à partir de celui-ci, à 22 heures précises, on devait chacun de notre côté, dans notre chambre, appuyer sur « Lecture » en même temps sur la chanson n°4.
One more try.
Alors je suis allée tannée ma Sœur aînée, je crois.
Toujours est-il que le soir-même, j’ai tenu ma promesse.
J’ai déballé la cassette, j’aimais bien découvrir ce boitier plastique ultra-brillant, sortir la jaquette et la déplier, voir les photos, lire les paroles, puis remettre le tout en ordre avant de prendre délicatement la cassette, puis l’insérer dans mon lecteur.
Je me souviens parfaitement avoir attendu fébrilement sur le bord de mon lit, ma Swatch comme seul phare, que la grande aiguille soit sur le 12 et la petite sur le 10.
Puis j’ai éteint la lampe de chevet, fermé ma porte à clé, me suis glissée sous ma couette, et ai appuyé tout doucement sur la touche « Lecture »
Il était 22 heures suisses.
George Michael – One More Try par manon42
Pendant des jours et des jours, j’ai appuyé sur « Lecture » tous les soirs, à 22 heures, comme lui, jusqu’à la rupture, brutale, absurde, inexpliqué, inexplicable.
Ce jour où j’ai ouvert le boitier rayé, sorti la jaquette cornée, tiré la cassette usée, réécouté One more try une dernière fois, juste avant de tout ranger et tout exploser contre le mur.














Putain que j’aime cette chanson !!!!!!
On dit pas putain en présence de cette chanson! OH
Pardon.
Je recomence.
‘culé, que j’aime cette chanson !
Voiiiiiilà
Oh lala il t’a fait mal au cœur celui-là… Je comprends. Mais la K7 ne t’avait rien fait la pauvre ! ;o)
Tes goûts musicaux me conviennent tout à fait, soit dit en passant ^_^
Je le savais
Elle m’a pas rien fait, ça m’a fait du bien de la péter.
mais c’est qui ce georges???? c’est un peu sucré non??? mais on te pardonne, t’etais quetiote!^^
George, j’ai peu écouté.
En revanche Indochine, U2 et Bowie, beaucoup quand j’avais 17 ans. J’aurais aimé grandir avec eux dedans mes oreilles!
Ah tu appelles ça le bouton lecture, toi ? …
Rah le slow qui déchire la race de sa grand mère !
C’est un bon souvenir tout de même et George est intemporel
Je me souviens de toutes les compils que je faisais sur des cassettes (avec un son pourri !)
Vive la musique…