Je ne me souviens absolument pas de ma première montre, même si enfant, je lorgnais sur les Flik Flak qui apprennent l’heure, avec le cadran partagé en deux, et les aiguilles rouge et bleu distinguant les heures des minutes.
Avant celle dont je vais vous parler, j’ai dû en avoir des tas, de montres.
Plus ou moins solides, plus ou moins jolies, plus ou moins chères, plus ou moins à la mode.
Mais jamais aucune n’arrivait à la hauteur de mon fantasme sexagésimal.
Je passais devant elle tous les jours.
Le matin en partant au bahut, le soir en sortant du bus.
Jamais je pouvais l’approcher.
Jamais je pouvais la toucher.
Jamais pouvais l’entendre.
Jamais pouvais la sentir contre moi.
Un dimanche, jour de la fête des mères, mes parents étaient invités par leurs amis, à bord de leur voilier.
Je les connaissais tous, ils m’avaient pour ainsi dire vue naître.
Après le repas, l’une d’entre les convives a vu que je m’ennuyais un peu au milieu de tous ces adultes passablement éméchés, pris dans leurs conversations de grands, leurs souvenirs, à l’étroit dans la coque que le roulis rendait invivable.
Elle m’a prise par la main et m’a dit « Viens, on va se balader sous les arcades, on va faire du lèche-vitrines. »
Immédiatement, j’ai été vénale.
J’ai accepté avec joie.
Elle a pensé probablement qu’elle me faisait plaisir en me sortant de l’ennui et d’un vomi sur le pont.
Moi, je ne pensais qu’à une chose.
Sous ces arcades, cette bijouterie.
Derrière la vitrine de cette bijouterie, des bagues, des bracelets, des colliers.
Entre ces bijoux, la montre.
LA montre.
MA montre.
Insensiblement, comme un chien attiré par son pendant féminin, et qui tire sur la laisse de son maître, à mesure que nous avancions vers la vitrine, je tirai sa main dans la mienne.
Nous sommes arrivées pile devant elle.
« Tu aimes les bijoux?
-Non, mais j’adore les montres, comme celle-là. »
Elle était toujours là.
Depuis 3 mois que je la lorgnais.
Petite.
Un pan de bracelet ocre, l’autre translucide.
Le cadran rouge.
Le fond tapissé de petits poissons multicolores en papier déchiré.
Deux aiguilles fines, l’une jaune, l’autre vert anis.
Elle marquait l’heure exacte.
Elle n’avait pas d’indicateur d’heures, ni de numéros, ni de tirets.
C’était une montre de femme, pas de petite fille.
Elle était exposée à plat et épinglée dans un trou du bracelet, une petite étiquette sur laquelle on pouvait lire en chiffres manuscrit, à l’encre noire « 270/ »
« C’est celle-là qui me plaît.
-Alors elle va être contente ta maman, c’est un super cadeau de fête des mères! »
Bien sûr, j’ai baissé les yeux.
Bien sûr, j’ai tiré sa main dans la mienne pour faire demi-tour.
Bien sûr j’ai eu honte de moi.
Honte de penser que cette femme qui n’est pas ma mère pourrait m’offrir cette montre, à MOI.
Honte aussi de penser que je n’avais pas une seule seconde pensé à offrir un cadeau à maman.
Honte de penser que cette montre était hors de ma portée, hors de celle de mes parents.
Honte tout court.
Alors j’ai dû faire mon deuil de cette montre.
Elle ne représentait que le mal.
Que mes travers de petite fille capricieuse, égoïste et hors du temps.
J’ai fait des détours pour l’éviter le matin et le soir.
J’ai arrêté de loucher sur les poignets des copines au bahut qui en avaient toutes un modèle, la même ou de la même marque.
Jusqu’au jour où…
Ma sœur a eu son premier job.
Un job d’été.
C’était dans une boutique maritime.
Sous les arcades.
Juste à côté de la bijouterie.
Son premier salaire, elle a fait un peu comme nous tous, elle l’a complètement craqué en plaisirs.
Des fringues, des babioles, des chaussures, des sorties au restaurant.
Et une montre.
LA montre.
MA montre.
Je l’a gardée pendant des années.
Le bracelet s’est corné, a jauni, l’écran s’est rayé.
Mais jamais je n’ai changé la pile.
Après elle, au moins une dizaine de la même marque se sont enroulées autour de mon poignet.
Comme l’actuelle.
Qui est en panne.
Mais que je garde à mon poignet.

















Je n’aime pas les Swatch, elles font trop de bruit, au cinéma si quelqu’un en porte une près de moi, ça me gène !!!! Et elles font que tic pas tac !!!
Ah alors ça c’est vrai.
Perso, ça a le don de me bercer quand je me couche
Nan mais sérieux si y en a une qui te plaît j’te la donne ! Je préfère que tu la porte plutôt qu’elle soit au fond d’un de mes tiroirs !
Mais purée fais les vide-grenier, elles vont partir en 5′!
Je me creuse la soupière depuis la parution du billet mais je n’ai pas vraiment d’anecdotes sur les montres, peut-être ma première, d’aspect bois, que m’avait offerte ma grand-mère maternelle à ma première communion. J’ai longtemps louché sur les belles montres suisses avec de jolis cadrans mais je ne porte plus l’heure sur mon poignet depuis belle lurette.
Ahhhhh j’en ai déjà vu des montres façon bois oui! Mais je me demandais, enfant, comment on pouvait les faire fonctionner
(genre il pouvait pousser des branches si on la mettant sous l’eau?)
Tu penses bien que j’ai éloigné mon poignet gauche de toute source liquide durant toute la période où j’ai porté cette montre. Moi j’avais peur que ce soit des parasites qui sortent…
Et que ça fasse des trou et que des écureuils y nichent?
Oh lala je comprends ta déception de petite fille quand même. Tu avais le droit de penser un pe uà toi aussi, tu étais petite, ce n’est pas bien grave.
Et puis ça finit bien ,tu l’as eue finalement ! mai elle est trop bien ton histoire ^_^
Pour les Swatch j’adore c’est ma marque préférée j’en ai deux ou trois à la maison, neuves, que je ne porte pas et donc la pile ne fonctionne plus.
Par amour pour toi je t’en offre une si tu veux. Mais t’achèteras une pile. Sandec lol !
JE PRENDS!
Ben je les cherche, et je t’envoie la photo, parce que si ça te plait po pas la peine que jte l’envoie ^_^
Eh non mais je de plaisantais POUETTTT
Moi j’aime po les montres, je n’en porte jamais. Mais je me souviens très bien de ma première montre, une flik-flak
Ah purée que j’aurais aimé en avoir une!!!!
En voilà une histoire qui finit vachement bien!!
Et à l’heure en plus (j’avais peur de me faire engueuler par la chef MH
)
^^
J’étais loin et je ne suis pas comme ça !!!!
Ma première swatch je l’ai acheté en suisse bien sur au super marché !
A cette époque la marque n’était distribué que chez mes compatriotes hélvètes et vendue partout !
Quel plaisir je prenais à dire que j’avais acheté ma montre en faisant les courses !
Gnignignignigni putain quand j’y pense à l’époque, 270 balles c’était énorme!!!
Tic-tac, n’est il pas l’heure d’être enfin infidèle ?
Y a pas d’heure pour l’infidélité non?
Ah si, paraît que c’est autour de midi
une swatch, j’en ai eu plusieurs, ct toujours le bracelet qui lachait, mais c’etait bien, j’en ai offert plein!^^
T’aimes en offrir?
Ah ouais?
Bah se trouve qu’elle est en panne la mienne.
*jinglebells, jinglebells…
Ah bah vazy fais toi plaiz’ Tarmine, j’ai pas de montre, je te laisse choisir !