Bon, voilà, depuis hier soir, tout le monde est en ébullition.
L’Elysée compte un locataire de plus.
Une fendue comme on dit chez nous.
Carla et Nicolas sont parents d’une petite -remplir le blanc- Bruni-Sarkozy.
Du coup, je n’ai pas pu attendre de recevoir le faire-part.
Je suis allée à la maternité.
Ce matin.
Très tôt.
Il faisait encore nuit.
Il faisait très frais, et j’ai bien dû me résoudre à mettre le chauffage à fond, quitte à ce que l’araignée me saute au visage et m’ébouillante avant de m’injecter son venin létal.
Mais je ne pouvais pas rater ce rendez-vous.
Lorsque j’ai pris la direction de la maternité, mon cœur s’est accéléré.
Je connais ce petit bout de départementale complètement défoncé qui n’a jamais été réparé.
Là un nid de poule, attention, juste après, une bosse, ah, celle-là, je l’évite, c’est celle qui m’a déclenché la première contraction violente.
Enfin, le portail du parking.
Tout est encore endormi.
Il fait nuit.
Je distingue à travers les trous des stores quelques loupiotes allumées.
Probablement une première tétée ou bien la fin d’une longue nuit sans sommeil.
Tiens, là-bas, elle vient de s’éteindre. Enfin.
Et quelques voitures qui arrivent.
Que des hommes.
Probablement des papas heureux qui viennent embrasser leur progénitures et leurs compagnes avant d’aller au boulot.
Que de souvenirs j’ai ici!
Finalement, je pense que je ne vais pas le déranger d’avantage, il doit avoir besoin d’intimité.
« Je viens?
-Non, pas la peine, je sais où c’est maman.
-Entendu, alors je repars, bonne journée, à ce soir! »
Je viens d’accompagner le Préparant à sa première journée de stage au service de néonatalogie de la maternité de l’hôpital.
Là où, plus de dix-huit ans plus tôt, mais cinq étages plus haut, il a poussé son premier cri pépère.
Et depuis la naissance du Benjamin, je n’ai jamais repris le chemin de la maternité à vide.









