Avant-hier, nous avons dû nous garer quasiment en France pour pouvoir aller à la plage, compte tenu du festival Arenal Sound qui attire quelques dizaines de milliers de personnes et leurs voitures près de la plage.
Tout en marchant, et alors qu’on perdait toute l’eau de notre corps, rêvant de nous plonger dans la Méditerranée qui n’attendait que nous, nous nous amusions à repérer les plaques minéralogiques des petits Français comme nous.
Visiblement, soit tous les Français étaient venus à pieds, soit nous étions les seuls à causer en Molière.
C’est alors que soudain, j’ai senti mon bas-ventre vibrer.
C’était César, il a bondi de mon sac.

Il est très poli César
Et alors s’est engagé un dialogue en Ibère auquel on a rien pané.
César a ensuite pris congé, d’après ce que nous avons pu déterminer.
Enfin, c’est surtout que nos tongs fondaient sur le trottoir et qu’on séchait sur pieds.

Il allait partir avec eux en plus!
Pendant le trajet, je trouvais César bien silencieux.
« Tout va bien César?
-Nan.
-Attends, sois raisonnable César, enfin, tu sais très bien que nous t’avons adopté et qu’on peut pas revenir en arrière, on est responsables de toi maintenant, même si je comprends que tu aurais préféré partir avec eux.
-Nan, c’est pas ça. On a taillé la bavette, et au moment où j’ai dit que j’étais ravi de retrouver des platos en Espagne, ils m’ont tous ri au bec.
-Pourquoi??? C’est parce que t’es pas tout à fait pareil qu’eux?
-Nan, c’est parce qu’en Espagnol, canard, ça se dit pas plato mais pato.Et toi, t’as dit à tout le monde que j’étais un plato, un plat quoi. Vous comptez VRAIMENT me bouffer un jour? »
Depuis, César est au fond de mon sac, mort de honte.









