Lorsque j’avais l’âge où les grandes vacances avaient déjà commencé depuis 15 jours, j’aimais me lever le matin alors que les cigales m’avaient devancée.
Même si enfant, on se lève trop tôt pour les parents ou les grands-parents, qui se demandent alors ce qu’ils vont pouvoir nous faire faire, je me demande si en fait, on ne le fait pas pour tenter d’être réveillé avant les cigales.
Mais jamais je n’ai réussi à l’emporter face à ces insaisissables insectes.
Mais ce que j’aimais par-dessus tout, c’est voir le soleil, enfin, tenter de lui faire face.
Cette lumière si particulière qui donne au ciel cette nuance de vacances.
Un bleu net et clair avant midi, puis profond au zénith, pour finir par se noyer dans une mer rosée bordant le val à l’heure de la dernière partie de cache-cache avec les cousines.
Il fallait que ce soit comme ça pendant 2 mois.
Si un jour, le ciel se levait avec du lait ou une barre d’embruns au sud, je me mettais à bouder toute la matinée.
« NAN FAIT PAS BEAU! »
Ainsi, je trouvais le village moins joli, le melon moins sucré, l’eau plus froide, la rivière plus tortueuse et tout le monde moins gentil.
« C’est pas la peine que le soleil sorte si c’est pour que les nuages le voilent. »
« Non, fait pas beau, regarde, y a UN nuage. »
« Non, quand fait marin, fait froid et ça pègue. »
Aujourd’hui, je n’ai pas beaucoup changé.
Je trouve que tout va plus facilement, que les soucis glissent en pente douce sur moi lorsque dehors, c’est bofixe.










