On a tous bien rangé dans un coin de tête, de cœur ou d’armoire un héros, un magicien, un ami, un personnage, sur lequel on peut compter pour aider à avancer, pleurer quand on a peur, rire quand on va bien, jouer quand on est seul ou rêver quand c’est trop dur la vie.
Je n’ai pas de souvenir précis d’avoir eu recours à ce genre de substitut et j’ignore si c’est une chance ou un manque.
En dehors de mes héros réels, rien ne m’a jamais vraiment manqué.
Mes copains de vacances, mes amoureux, mon père, mon grand-père ont été largement présents dans ma vie pour être élevés à ce rang.
Côté télé, aucun héros ou personnage n’est jamais vraiment sorti du lot.
En revanche, ce que j’aimais, c’était avoir le droit de regarder la télé avec les parents la veille des jours où on avait pas école.
J’aimais quand papa disait « Chérie, ça commence! » et que maman répondait « OUI MAIS J’AI PAS FINI LA VAISSELLE! »
J’aimais quand il s’allongeait sur le canapé et qu’on jouait à se prendre la place.
J’aimais quand maman arrivait et le grondait gentiment. « Tu vas les énerver et elles vont jamais dormir après! »
J’aimais quand on éteignait enfin toutes les lumières.
J’aimais quand le chien finissait enfin par se lover sous la table basse, après avoir tourné en rond cents fois sur lui-même, sans doute pour répéter le geste de ses ancêtres qui cherchaient à aplatir les hautes herbes dans la nature sauvage avant de se coucher et se cacher.
J’aimais quand le générique commençait et que le silence se faisait dans le salon.
J’aimais les ombres et les lumières raconter leur propre histoire au plafond.
J’aimais prendre la main de maman quand j’avais peur.
J’aimais me retenir de rire quand papa me chatouillait alors que j’étais super concentrée sur le feuilleton.
J’aimais quand le chien lâchait une caisse immonde et faisait hurler tout le monde.
J’aimais bailler et lutter contre le sommeil alors que le mot « à suivre » tardait à s’inscrire à l’écran.
J’aimais quand maman allait nous coucher et nous embrassait sur le front.
J’aimais ensuite faire la foire avec ma frangine jusqu’à ce que papa vienne nous gronder.
Gentiment.
Serie Tv – Mon Ami Gaylord – Generique par bebel49









