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Le diable en culotte de velours

Publié le 24 avril 2011 par dans Zette & The City

Enfin c’est les vacances.

Enfin les mômes vont pouvoir souffler un peu.

Et surtout, enfin, ceux des autres vont se casser.

Enfin presque.

Parce que des mômes malpolis, manipulateurs et fauteurs de troubles, quand y en a plus, surprise! Y en a encore.

L’un d’entre eux a débarqué cet après-midi. Issu de ce qu’on appelle la bonne société française, ce rejeton et ses frères ont la réputation d’angelots dans le village, tant ils savent bien s’y prendre avec les locaux, à l’image de leurs parents. Mais on ne mélange pas les torchons et les serviettes, je l’ai appris à mes dépens quand un jour, j’ai osé aller dire à la maman qu’un de ses poussins chéris tabassait régulièrement un des miens, ce qu’elle a nié, elle ne les élève pas dans la violence. Dès lors, il souffle comme un petit vent frais lorsqu’il nous arrive de ne pas pouvoir faire autrement que de nous croiser, une fois l’an.

Et pendant ce temps, son petit gang va allumer le feu de la discorde au sein des foyers d’amitié pourtant solides qui se tissent tout au long de l’année, sans eux, semant la discorde et séparant les meilleurs amis que la terre a pondus, en moins de 15 jours.

C’est donc dans cet esprit que le second est arrivé devant chez nous, accompagné de ma nièce, au début de l’après-midi, hier.

Et en attendant que le Banjamin aille ouvrir la porte, je les entendais déjà chuchoter, suffisamment fort pour entendre que ce morveux s’empressait déjà d’apprécier les travaux jardiniers du Conjugué.

« Bé il a mal tondu son père dis-donc, c’est même pas fini et le gravier, il est pas étalé partout. »

Impatient et super content, le Benjamin a ouvert la porte et n’a pas eu le temps de saluer son pote de vacances que l’autre lui annonce déjà la couleur.

« Bah dis-donc, t’as des cernes! »

Mon enfant, dont les séances d’hypnose chez le pédopsychiatre semblent faire des miracles, feint la surdité soudaine et demande les nouvelles d’usage.

« Vous êtes arrivés quand? Et tes frères, ils sont où? On va faire du roller ou du vélo?

-Mais t’as des cernes dis-donc!

-Bon, je mets mon pull, j’espère qu’il va pas pleuvoir toute la journée, vous m’attendez hein!

-Non mais t’as vu les cernes que t’as? »

J’allais me lever pour intervenir et expliquer à ce petit merdeux comment ça se passe dans la vraie vie des gens polis quand le Benjamin s’est enfin révolté, en enfilant son sweat.

« ET ALORS, T’AS VU TA TÊTE DE BOULARD TOI? JE TE CRITIQUE MOI? »

Je me suis rassise, fière comme si je venais de contracter un prêt pour racheter le bar-tabac de la rue des Martyrs.

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