On est arrivés les derniers, avec quasiment la bite et le couteau, soit nos deux ponceuses, les bouquins de révisions de l’Interné et mon Mac.
Papa, maman, ma sœur aînée et ses enfants étaient déjà là.
La table était mise et les petits picoraient déjà dans les assiettes, assis par terre ou à la table basse du salon.
Il faisait beau et doux, malgré ce petit vent du nord qui allait s’avérer notre allié d’atelier-peinture de l’après-midi.
Nous avons dégusté la potée au choux de maman, et jeté un sort magique à la tarte aux framboises du dessert. En deux minutes, elle avait disparu des assiettes.
Chacun a bu son café et s’est installé à ses activités.
Le Conjugué a révisé son concours d’infirmier avec son père, le Sandwich est parti avec son oncle, le mari de ma sœur aîné a repris son camion pour avaler des kilomètres d’asphalte encore et encore, le Benjamin et sa cousine se sont retrouvés pour les bêtises. Les plus petits ont tenté de faire leur vie entre toute cette troupe ma foi fort bien organisée.
Tant et si bien qu’en deux ou trois coups de pinceaux, papa, maman et trois de leur quatre filles sont venus à bout de trois paires de volets et une porte d’entrée escagassés par le temps, le soleil, les gens, la vie et le vent qui passent.
Le vent nous a bien aidés à accélérer le séchage de la peinture, assisté du soleil.
La potée de maman, les blagues des frangines, les rires des enfants, suivis de leurs pleurs, puis de nos sanctions à peine sévères ont finalement eu raison de la morosité à laquelle j’associe le dimanche.
On a tout de même niqué 4 pinceaux, une table de jardin en plastique, quelques litres de café, des cigarettes, nos dos, nos fringues et nos gosiers, à force de ricaner comme des sorcières.
On a refait le monde à la peinture blanche micro-poreuse spéciale bois extérieur.
On a refait notre monde.
Il y avait bien longtemps que je n’avais pas fait une activité en famille, avec mes sœurs et mes parents.
Dommage que la dernière frangine crevait sa grippe à coup de paracétamol et n’avait pas fermé ce petit cercle qui s’agrandit petit à petit à coups de petits qui deviennent petit à petit moins petits.
En plus, on a tous besoin d’une bonne coupe de cheveux.
Des parents, des enfants, des fratries, des cousines, des cousins, le soleil, ils peuvent augmenter tous les impôts qu’ils veulent, nous, cette fortune-là, on la leur cèdera pas.






