Comment ne pas réagir, rester la fourchette à 5 centimètres des lèvres, s’indigner, s’émouvoir mais surtout médiatiser le drame qui s’est produit ce lundi à Pierre-Bénite dans le Rhône?
Une enfant de 9 ans, qui souffrait de diabète (on ne sait pas encore de quel type), s’est défenestrée après avoir laissé un mot dans un de ses cahiers d’écolières, confirmant pratiquement la thèse du suicide, mais allant à l’encontre de sa personnalité, très impliquée socialement et ayant vécu normalement malgré sa maladie.
On en a beaucoup parlé ce soir, à table, puisqu’on était en train de manger quand on l’a entendu et vu à la télé.
De « Mais c’est quoi le diabète en fait? », à « Comment on peut se suicider à 9 ans? », en passant par « Défenestré, j’ai pas compris », et une fois les angoisses des enfants évacuées, bien à l’abri de leurs petites oreilles et de leurs cerveau en ébullition, le Conjugué et moi, on a pas pu s’empêcher de penser au pire.
« Et si…
-On pense à la même chose hein?
-Je sais pas, j’y peux rien, je peux pas me sortir de la tête que peut-être, c’est pas un suicide… »
Non pas qu’on ait l’esprit tordu et qu’on ait envie de sensationnalisme, mais il faut bien admettre que par le passé, à travers des drames impliquant la mort d’un enfant dans des conditions aussi violentes, on a parfois entendu, quelques jours après, que des proches ou des voisins étaient passés aux aveux.
Aveux de faiblesse.
Aveux de détresse.
Aveux de folie.
Aveux de misère.
Car un enfant qui se suicide, c’est rare, mais ça arrive.
Certes.
Mais je n’arrive pas à imaginer qu’une môme de 9 ans, souffrant de diabète mais visiblement vivant avec normalement, puisse avoir le « cran » de se suicider « comme une grande », par la défenestration, et après avoir laissé un « mot ».
Non, je ne parviens pas à l’imaginer, le mettre en forme.









