Pour bien commencer le dimanche, quoi de mieux que d’apprendre que non content d’infliger la lapidation à Sakineh, 99 coups de fouets supplémentaires s’ajoutent à l’ardoise.
Et oui, à ce qu’il paraît qu’elle aurait trop médiatisé l’affaire.
C’est vrai, c’est pas bien de dire qu’on va se faire lapider parce qu’on a trompé son mari. Il faut pas, ça se fait pas, après sinon, on en parle partout, à table, à l’école, au bureau, sur Twitter, dans nos blogs et ça fait désordre.
Et en plus, ça aggrave le cas.
C’est ce que j’étais donc en train de débattre tout à l’heure, avec un collègue de boulot (nous ne croyons qu’en un seul dieu nous, travailleurs du dimanche, celui qui édite le logiciel qui établit nos fiches de paie).
« Tu te rends compte, la lettre de Carla à Sakineh n’y aura rien fait, au contraire. Tout le monde est impuissant.
-Ah ça, les religions… » qu’il me répond, un brin blasé, comme la plupart d’entre nous.
Oui, blasés, on l’est tous, impuissants, bras ballants, on regarde et on écoute ce grand défonçage de portes ouvertes, l’injustice, la violence, la guerre, la faim dans le monde, les maladies, et tout ce qui fait qu’aujourd’hui, si tu cherches de la réjouissance, soit tu te fais un rail de coke, soit tu résilies ton offre triple play.
Et dans la plupart des cas, on cherche des responsables. Et ils sont désignés d’office, puisqu’on ne parle que d’eux, on finit toujours par les mettre en cause. Quelque soit le malheur qui nous tombe sur la tête, vous en conviendrez, le coupable est toujours trouvé par défaut. Ou plutôt les.
- la politique
- la religion
Quoi qu’il en soit, j’ai poussé la réflexion sur ce que risque de subir Sakineh et la relation qu’on peut avoir avec un religion, quel est son impact dans la vie de quelqu’un qui la pratique, ou comment vit-on avec un chef, un guide qui finalement, n’existe que par la foi qu’on lui attribue?
Je suis allée tout naturellement en débattre avec le Conjugué.
« Dis, tu crois en dieu toi?
-Nan, je l’ai jamais vu, il m’a jamais parlé ni aidé.
-En fait, je me demande si la religion, c’est pas comme la politique.
-Le dimanche, toi, tu donnes dans le high level.
-Attends, regarde, Dieu, c’est un gars qu’on voit jamais. Il a des tas de fidèles qui font des processions pour le voir, lui parler, qui le prient pour qu’il les aident, attendent le miracle, a plein de disciples et de saints chacun spécialisés dans un domaine. Et Dieu, il te dit sans arrêt de pas faire de conneries, sinon le diable d’en face, il te punira de pas avoir choisi Dieu pour son salut.
-Ouais, sauf qu’un Président, il a la plupart des femmes et des enfants.
-Dieu aussi non, et même des maîtresses si j’ai bien compris.
-On vote pour un Président.
-Comme on va à l’église, ou pas, tous les dimanche, même si des fois, on est pas forcément d’accord avec sa parole.
-Et la Bible, le Coran, la Torah?
-Y a plus simple aujourd’hui, une petite carte suffit.
-Mouais, t’as peut-être raison, on entre en politique comme on entre en religion alors?
-Possible, mais ce qui est sûr, c’est que si tu crois ni en l’un, ni en l’autre, tu n’iras pas au paradis.
-J’irai pas en enfer non plus. »









