Aussi incroyable que ça puisse paraître, il paraît que c’est le printemps ce samedi.
Là où on attend du gazouillis, du soleil à travers les vilains nuages noirs, du bourgeon sur les mentons cerisiers et de la violette dans les sous-bois, on a un beau ciel bas, une brume épaisse et une pluie fine et glaçante.
J’veux du soleil!
Ainsi, j’ai préféré me replonger en été. Non pas que je n’ai strictement rien compris à l’ordre des saisons, mais plutôt que je me suis laissée glisser avec délice dans mes dernières vacances estivales en Ibérie.
Flash Back.
Nous sommes en août 2009. La chaleur est encore écrasante même à 21h30, juste avant qu’on ne se mette à table.
Je ne suis pas chez moi, mais gentiment hébergée dans l’appartement familial de ma famille d’accueil, ayant migré au bord de la mer, nous faisant par là même une place royale dans un très grand appartement, tout confort.
Et alors que les enfants recensaient les coups de soleil du Conjugué dans la salle de bain, dans laquelle la plage faisait peut à peu son retour sablé, je lavais amoureusement un kilo de tomates fraîches, avant de découper le jambon et de l’accompagner de Manchego.
C’est là que le drame se produit.
Comme je tournais le dos à l’évier après l’avoir rincé à grande eau, j’entends soudain un énorme gargouillis, proche de l’eau qui entre en ébullition. Or, sur la plaque, point de casserole fumante.
Fail.
L’évier venait de se boucher. Indigestion de graines de tomates? Reflux gastrique de fond de tasse de café matinal?
Peu importe. L’heure était au plan orsec, il fallait pomper et agir avant que les invités du soir, à savoir Noisette, son Formidable et leur descendance ne débarquent CHEZ EUX.
Aussitôt, je déniche une ventouse et le fond d’un flacon de déboucheur liquide bien réputé pour récurer les sinus bien plus efficacement que la plomberie.
Et je me mets à pomper, pomper, éternuer, pleurer, le tout par 32 degrés à l’ombre de l’évier.
Finalement, Noisette est arrivée en renfort et 2 heure durant, elle et moi avons tenté de comprendre le mécanisme de la physique des fluides, avons sué comme des vaches espagnoles et inondé la cuisine.
Mais on l’a eu.
C’est ainsi que triomphantes, nous faisons notre entrée dans le salon, là où écrasés de moiteur, les garçons bullaient sur les canapés. Quand soudain, l’un deux éclate de rire.
« Ptain on dirait Mario et Luigi.
-Le premier qui dit que c’est à cause des moustache, on le passe par-dessus le balcon, attaché aux autres.
-Nan, mais regardez-vous, avec vos ventouses, la salopette rouge et le short bleu. »
Pour la petite histoire, le lendemain, j’ai raconté ma mésaventure à mon hôtesse, soit la mère de Noisette. Elle a bien ri.
« Oh mais c’est rien ça, ça me le fait moi aussi, chaque année, je fais venir le plombier parce que la pente des tuyaux, est est trop faible. »






