Le mardi dans la cuisine de maman, c’est riz &cie

23 février 2010
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Encore quelques jours de vacances et je retrouverai ma place privilégiée d’hôte unique du mardi, avec coquillages et crustacés.

Je kiffe la moule

Mais finalement, et plus particulièrement aujourd’hui, je les aime bien, ces vacances dites d’hiver, où ceux qu’on appelle ici les estivants, leur complexe de supériorité et leur forfaits de ski ont cédé à l’appel des cimes et nous laissent un peu encore le loisir de savourer ce petit air de printemps qui n’appartient qu’à nous, les braves locaux campagnards.

Ainsi, à midi pile, je ne voulais pas rater le coche ni le son de cloche de l’église, le soleil baignant la place, les chiens qui aboient gentiment, mes nièces, les locaux qui se souhaitent plus ou moins sincèrement un bon appétit de fenêtre à portail de cave et la rivière encore grossie des pluies de janvier, belle, vigoureuse, et chantante.

C’était la minute Pagnol.

J’ai vu mon premier verre de vin rouge de table en cubi dans un verre à eau certes, mais assise sur un banc métallique à trous vert, en plein soleil, en compagnie de ma mère, en attendant que les enfants mettent la table.

De papotage en minutage, le couvert était mis et les mini-maîtresses de maison ont renversé les rôles et nous ont sommées de nous mettre à table.

Les enfants, c’est plus ce que c’était.

Mais nous n’avons pas été déçues d’avoir dû avaler à la hâte nos verres.

La salade a été sous la responsabilité de l’aînée, qui l’a parfaitement lavée, rincée, essorée et assaisonnée, de la feuille de chêne garantie 100% sans sable ni limaçon.

Le plat principal, dans son habit de cuisson, nous a été servi par un petit minois et ses mains de géant en maniques.

Du riz 1er prix en sachet, cuisson 10 minutes, mais revenu dans de l’huile, rissolé avec le jus de quelques ailerons et pilons de poulet fermier (le volailler aime bien faire plaisir et se tromper dans ses comptes, de façon à ce que 10 ailerons n’en coûtent que 4). Le tout aura baigné dans de l’eau de la fontaine, avec quelques petits oignons tendres, du sel et du poivre étant juste venus semer un peu de zizanie dans la conversation. Le tout mijoté au nez et jusqu’à ce que le grain de riz s’abandonne entre les dents et se fasse oublier sur la langue, ou à l’intensité des demandes des estomacs.

On appelle ça un riz au gras.

Pour le dessert, on a frotté la peau de nos bidons bien tendue, éructé entre filles et sommes allés débriefer sur le banc encore tiède de ce soleil inattendu de février.

Alors rien que pour ça, les vacances, je les aime bien.

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