Après les brèves de tiroir, la sociologie de supermarché.
ON AURA TOUT VU ICI
C’était vendredi soir.
L’interné venait d’être libéré sous caution et me racontait, en déballant son linge crade, chaussettes amidonées au fennec comprises, qu’il était allé faire un petit tour au Casino.
QUE TU JOUES DE L’ARGENT, PASSE ENCORE, MAIS QUE TU BOIVES DE L’AlCOOL, NO WAY!
« En fait, on avait acheté des bouteilles de soda au bon goût de cola mais avec zéro sucrage, et comme elles sont moins chères pas fraîches et que nous, on les voulait fraîches, on est allés au rayon frais les foutre à refroidir. Et comme ça prenait du temps et qu’on se faisait grave chier, on s’est amusés un peu. On a voulu voir combien de personnes répondaient quand on leur disait bonjour, très poliment. On avait des fringues propres et pas trouées, on puait pas le foot maman, promis, de vrais scouts.
- Et alors?
- Et alors on a compté avoir dit bonjour à 50 personnes. 1 a répondu
- Pas étonnant et je parie que c’est un jeune.
- Raté maman, c’est une vielle dame. Et en plus, elle a engagé la conversation, nous a demandé ce qu’on faisait, pourquoi, et qu’elle nous trouvait bien polis et qu’elle souhaitait qu’on le reste adulte.
- Tain, elle vous a pas filé un petit billet?
- Non, un paquet de madeleines. »
POLIE, MAIS RADIN!
« Mis à part ça, maman, ça m’a fait peur tout ça. Plus personne ne se parle maintenant. J’avais l’impression qu’en disant bonjour aux gens, ils pensaient que j’allais leur mordre la gueule. Ou alors, ils étaient complètement paumés dans leurs journées, coincés dans leurs emplois du temps ou juste aigris. Et j’ai été super surpris que ce soit une vieille dame qui nous réponde, en général, on dit que les vieux aiment pas les jeunes et les fuient. Pourtant, je continuerai à dire bonjour aux gens que je croise. Tant pis si un jour je me prends un taquet, je sais que ce sera pas parce que j’ai été malpoli. »









